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Transat retour : journal de bord (3e semaine)

Les chiffres de la transat 

Distance : Saint-Martin (Marigot Bay) - Açores (Faial - Horta) : 2456 milles nautiques (soit environ 4500 km)

Durée : 22 jours (départ : mercredi 6 juin - arrivée : jeudi 28 juin 2018)

Vitesse moyenne : 4,65 nœuds (environ 110 MN par jour)

Jeudi 21 juin : On empanne à 8h du matin après une nuit agitée sous les grains. Ewan, notre ex-équipier de la transat aller, nous a prévenu par mail via l'iridium qu'il fallait faire du nord au maximum avant la bascule de nord-est qui arrive dans quelques jours et qui risque de se passer dans la douleur… Mauvaise surprise au lever du jour : la manille d'amure du génois a disparu (vite remplacée par un brèlage en dyneema)! De plus, on a deux nœuds de courant dans le nez, on se traine à 3,5 nœuds… On fait le plus petit "score" de la transat : 72 MN ! Grrr ! A part ça, c'est le premier jour de l'été, la fête de la musique et l'anniversaire de la maman d'Alice qui a droit à un petit mail en direct de l'Atlantique. Le chant du moteur clôturera cette première journée estivale…

Manoeuvre 2 20 juin.JPG

vendredi 22 juin : nos fidèles bonites qui nous accompagnent maintenant par centaines ont eu chaud aujourd'hui : un magnifique marlin blanc de plus de deux mètres est venu se servir dans notre "restau flottant". Au début, nous l'avons pris pour un requin, puis nous avons vu son rostre et son dos rayé blanc et bleu électrique. Un superbe animal qui est resté près d'une heure à croquer "nos" thons autour du Ruzé, ce qui nous a permis de bien l'observer ! Résultat : nous avons vu nager beaucoup de bonites amputées les jours suivants.

bonite 22 juin.JPG

Après le marlin, les dauphins tachetés sont venus eux aussi se restaurer au "bar à sushis", nous offrant un spectacle réconfortant. De toute façon, c'était une journée sous le signe des Poissons : grâce au nouveau poulpe disco, on a pêché et dégusté une coryphène de 3 kg. Alice a préféré mettre un écran entre elle et la mise à mort de la dorade, auparavant anesthésiée par un bon coup de rhum aux épices !

Poulpe disco 22 juin.JPGPoulpe disco gros plan 22 juin.JPG

dorade 22 juin.JPG

Dorade 2 22 juin.JPG

Dorade 3 22 juin.JPG

Opération dorade 22 juin.JPG

Rhum ouie 22 juin.JPG

Samedi 23 juin : Toute la nuit, on a fait du nord, 30° au compas, grâce au moteur, mais bonjour le boucan dans les esgourdes ! Au petit matin, on compte les blessées rescapées de l'attaque du marlin de la soirée précédente… pauvres bonites ! Le cap'tain est sur le point d'aller se coucher à la fin de son quart, à 7h du matin, quand une bande de dauphins tachetés vient nous saluer dans la lumière de l'aube… La terre n'est plus si loin - 500 milles - et les animaux sont plus nombreux… notamment les puffins qui nous escortent depuis que l'on est sorti du régime d'alizé. On a fait 117 MN, dont 97 utiles. Le capitaine se couche un peu stressé et établit des quarts à deux car on attend la bascule de NE dans la nuit…

Gennaker lever soleil 22 juin.JPG

Morgane barre 22 juin.JPGVol de puffins 27 juin.JPG

Dimanche 24 juin minuit : pendant le quart d'Alice et de Tom (23h-3H), le mousse qui dort dans la cabine entend le blanc-blang de la grand-voile qui se balade et l'écoute du génois qui tape… Le Ruzé roule d'un bord sur l'autre dans la pétole… Puis on entend Tom qui démarre M. Yanmar pendant quelques minutes suivi d'un grand BANG ! Le vent s'engouffre en rugissant dans les voiles, c'est la bascule ! On passe de 2 à 35 nœuds en un rien de temps. Le capitaine est déjà dans le cockpit pour aider à rouler le génois, puis tandis que le vent monte et la mer se forme, décision est prise de tout affaler et de mettre en fuite cap au sud-est.

Après la bascule 24 juin.JPG

Le nordet rugit et refroidit tout… On enfile les polaires dare-dare pour les quarts suivants qui voient la houle de nord atteindre les trois mètres… A l'aube, on coupe le moteur et on hisse la trinquette. Le mousse barre pendant six heures d'affilée tandis que Le Ruzé escalade les vagues et que le l'anémomètre oscille entre 28 et 32 nœuds, heureusement qu'on est au portant… Il y a de l'action et du spectacle, la mer est superbe dans la lumière polaire !

Après la bascule 2 24 juin.JPG

Vers midi, le vent décroit pour atteindre une petite vingtaine de nœuds, on peut enfin songer à faire du nord-est et à regagner petit à petit le nord perdu… toujours sous grand-voile 3 ris et trinquette. Quand le vent s'apaise vers 19h, le capitaine aperçoit une tortue qui nage près du bateau et la nuit qui suit permet à tout le monde de reprendre son rythme de quart habituel.

Lundi 25 juin : Horta se rapproche, nous ne sommes plus qu'à 282 MN de Faial… On a ferlé la trinquette et on a repris notre cap sous grand-voile et génois par 15 nœuds de NNE.

Manoeuvre 2 25 juin.JPG

Manoeuvre 25 juin.JPG

Trinquette ferlée 25 juin.JPG

A midi, on pêche ou plutôt on cueille une de nos fidèles bonite (le leurre n'a pas le temps de toucher l'eau qu'elles se battent pour le gober)... Oui, c'est vilain, mais après la journée d'hier, un steak de thon est le bienvenu !

Pêche bonite 25 juin.JPGCapitaine poêle 25 juin.JPGdos de bonite 25 juin.JPGCuisson bonite Alice 25 juin.JPG

Le mousse regarde l'AIS qui signale un voilier, bientôt son nom apparaît : NAMASTE II. C'est le voilier de Philippe, un Joshua croisé à Santa Cruz de Tenerife, puis à Mindelo, enfin à Cariacou après la transat… On avait sympathisé car il avait connu l'un des architectes des Trisbal-Trismus et reconnu le Trisbal. On avait salué son exploit à Cariacou car il avait fait la transat aller en solo et en 17 jours s'il vous plaît ! Allez, on tente le coup, on l'appelle à la VHF… le tirant d'une bonne sieste !

Tapir VHF Namaste 25 juint.JPGNamaste au traceur 25 juin.JPGGennaker Alice 25 juin.JPG

Philippe va à Flores et nous à Faial, mais nous décidons de nous rejoindre momentanément au milieu de l'océan pour prendre des photos de nos bateaux sous voiles : pour saluer Namaste II dignement, nous envoyons Magic Sail (et puis Le Ruzé sera plus beau sur les photos !). Comme avec les Dremmwel, à l'aller, nous sommes ravis et excités de croiser un copain au milieu de l'Atlantique (enfin à 250 milles des Açores). Le voici, le solide ketch avec sa belle coque rouge…

Namaste 25 juin.JPGNamaste au plus près 25 juin.JPG

Le Ruzé, lui, paraît minuscule sur l'horizon…

Ruzé 1.JPGRuzé 2.JPG

Puis chacun reprend sa route, Namaste II s'éloigne au nord, vers Flores… A bientôt, Philippe !

Mardi 26 juin : Horta est à 200 milles, le soleil se lève sur une mer totalement calmée et un ballet de dauphins joyeux… Les matins se suivent et ne se ressemblent pas !

Aube 26 juin.JPG

Aube 26 juin Aurélien.JPG

Dauphins Aube 4 26 juin.JPGAube Dauphin 26 juin.JPG

Et quelques heures plus tard, le mousse voit son premier (petit) requin — environ 1 m 50 - qui vient croquer nos fidèles bonites!

Le vent est complètement tombé et on démarre M. Yanmar… Devant nous, voiles fasseyantes, un autre voilier, un ketch blanc (sans AIS, nous ne saurons donc pas son nom) que nous croisons à un mille… Lui aussi va vers Flores. 

2e voilier 26 juin.JPG

On envoie le gennaker, et du coup, on avance à 4-4,5 nœuds plutôt qu'à 3,5 avec M. Yanmar en solo. Comme la journée est ultra ensoleillée, ça nous permet également d'avoir un peu d'ombre… On se croirait de retour sous les tropiques, ça fait du bien de ne rien f… car là, c'est le petit pilote électrique qui barre.

Café soleil 26 juin.JPGAlice soleil 26 juin.JPGPuffins 5 26 juin.JPG

Envoie Gennaker 26 juin.JPG

L'art de la douche.JPG

Cette journée de vacances s'achève par un superbe lever de lune…

Lever pleine lune 25 juin.JPGLever pleine lune 2 25 juin.JPGLever de lune 26 juin.JPG

Mercredi 27 mai : dernière journée sur l'océan, on est maintenant à moins de 100 milles de Faial. Encore une journée de grand bleu, moteur le matin, gennaker l'après-midi, moteur et gennaker le soir… On observe les puffins et les bonites qui se régalent de sortes de "galettes d'anguilles"… Les civelles dérivent, imbriquées les unes dans les autres, et forment des sortes de "hamburgers" dont se régalent oiseaux et poissons… La nature est cruelle. Pour ce dernier jour, nous décidons de la laisser en paix : pas de pêche, nos bonites sont trop mignonnes pour être mangées. Et elles nous suivent depuis près de 2000 milles, un exploit digne de sportifs de haut niveau…

bonites 27 juin.JPG

Côté navigation, plutôt que de passer par le sud de l'île, donc sous le vent, au risque d'être déventés et contrecarrés dans notre approche par le courant  - jusqu'à 2 noeuds - qui sévit dans le canal de Faial entre l'île et le mont Pico (le plus haut sommet du Portugal), nous optons pour un passage par le nord. Ca rallonge la route de 6 milles, mais le vent devrait nous pousser quasiment jusqu'à l'entrée dans le port de Horta.

Nuit du 27 au 28 mai : on aperçoit les lumières des premiers phares de Faial, à l'ouest de l'île… Le matin, fin du grand bleu : une épaisse couche de nuages obstrue jusqu'au lever du soleil… C'est dans le gris que nous voyons pour la première fois la terre depuis 22 jours ! Les falaises de Faial sont impressionnantes, et que de vert ! On se croirait en Irlande… Nos puffins sont toujours là, couinant à qui mieux mieux autour du Ruzé, ainsi que nos fidèles bonites. Vont-elles nous accompagner jusque dans le port ? Eh bien non ! En quelques secondes, au moment où nous abattons franchement pour contourner la pointe qui mène vers le sud de l'île, Adios bonitas ! Le sondeur qui affichait entre 2 et 5 mètres tout au long de la traversée pour cause de banc de poissons coïncide à nouveau avec la profondeur indiquée sur la carte : 132 mètres… Cela nous laisse bouche bée ! Mais déjà la jetée du port de Horta se profile… Il faut préparer les amarres et les défenses… toutes choses oubliées en vingt jours de mer. Et bien sûr, hisser le pavillon portugais…

Faial aube grise 28 juin.JPG

Pavillon portugais 3 28 juin.JPGFaial 28 juin.JPG

Il nous tarde maintenant d'amarrer Le Ruzé, d'aller boire un verre chez Peter pour fêter notre arrivée et d'arpenter les quais de Horta à la recherche des pochoirs des copains qui nous ont précédés…

Chez Peter.JPG

Pochoir Horta 28 juin.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  • Tres bel et émouvant articles, les copinioches ! Et les photos, notamment le levé de lune : OMAGAD

  • Et encore, t'as pas vu les levers de coude avec les batocopains à Horta !

  • Super article !!!
    Contente pour vous que vous ayez trouvé une place à Terceira pour l'hiver. Bon randonnange aux Açores et bon vent pour la suite !

  • Super, je viens de rattraper mon retard sur le blogue, je n'avais pas jeter un oeil depuis votre départ pour la Transat et nous sommes le 20 juillet! Mais je commente ici car cette article est super intéressant! Merci de nous faire voyager au travers de ce blog. Dommage que vous ne soyez pas passer à Québec, y'a vraiment des trucs sympas à faire et à voir sur le fleuve ici! À bientôt.

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